Bien se connaître soi-même d’abord

Bien se connaître soi-même d’abord

La base indispensable,  pour établir une véritable relation de reconnaissance, c’est de bien se connaître soi-même d’abord, de bien comprendre ce qui peut constituer notre propre handicap relationnel, et tenter d’y remédier.

La reconnaissance (reconnaître l’autre, ou se sentir reconnu par l’autre, dans son droit à exister, dans son droit à être différent, dans son droit à l’émotion, quelle qu’elle soit) est l’élément fondamental qui permet à tout être humain de grandir, et de vivre pleinement dans l’authenticité. Les tensions naissent, précisément, du fait, qu’au lieu de s’enrichir de la confrontation des différences, bien souvent, celles-ci nous bousculent et nous déstabilisent. En musicothérapie, le travail de base sur  l’inscription dans l’instant, et son accueil, sans a priori , facilite grandement la  détente, et permet un acheminement progressif vers un meilleur équilibre émotionnel, porteur d’une belle ouverture relationnelle !

Comprendre notre propre handicap relationnel, constitué en grande partie par :

Notre difficulté à réduire nos tensions (respiration-relaxation)   –  notre difficulté à accueillir l’instant (laisser venir sans détour, sans résistance)   –  notre peu de disponibilité au changement    –   notre difficulté à accueillir la différence   –   notre difficulté à entendre les ressentis de l’autre   –   notre difficulté à nous affirmer (ne pas se laisser déterminer par l’autre)   –  notre difficulté à accepter nos limites, nos manques…

Réduire notre propre handicap relationnel :   –    En entrant plus à fond dans notre corps   –   En affinant notre conscience corporelle   –   En libérant le mouvement de la vie en soi   –   En nous intéressant au souffle,  à la voix, au silence,  au regard, au toucher, au rythme, à la mélodie, à l’harmonie, à l’équilibre …

La musique sera un très bon médiateur pour nous aider    –   de par sa dimension sensorielle, motrice, affective, relationnelle    –   de par l’alternance des tensions et des relâchements qui la constituent   –   de par la mobilisation des affects qu’elle induit   –   la musique vient chercher en nous ce que nous avons de plus intime   –   elle facilite la mise en mouvement, et la circulation des émotions (la communication commence avec le mouvement et l’émotion, et non avec le langage)   –   la musique nous soutiendra vers un travail d’ouverture tous azimuts (accueillir les nombreux imprévus de l’instant)

« Bien se connaître soi-même », base indispensable pour établir une véritable « relation de reconnaissance  envers  l’autre »   ,  Cela implique,  –   la mise en jeu nécessaire de notre propre personne, dans sa dimension corporelle, sonore, émotionnelle, relationnelle   –   un travail sur l’instant et sur la mobilité que cela présuppose   –   la nécessité d’une démarche intérieure qui nous rende disponible au changement, fondée sur l’accueil de la différence, et l’expression des ressentis   –   créer du vide en soi, pour être en mesure de recevoir (remplir)   –   cheminer vers le meilleur de soi pour aller à la rencontre du meilleur de l’autre.

Prendre le temps de naître, le temps de grandir, et le temps de vivre, chaque étape est nécessaire.  Avant de pouvoir espérer donner « du souffle à l’être », je dois d’abord recevoir le sien. Recevoir est souvent plus difficile que de donner. Apprendre à recevoir, c’est écouter, ne pas déterminer, accepter la différence, être disponible… ce sont des mots faciles à dire, sans doute moins faciles à vivre réellement,  c’est pourquoi nous devons y travailler sans cesse.

Donner, c’est proposer, ne pas imposer. Il nous est nécessaire de nous ouvrir à des réponses multiples, de développer de nouveaux canaux de communication, de sortir de la rationalisation, de rechercher l’intensité.  Des perceptions nouvelles chez le Sujet amèneront de nouvelles prises de conscience chez lui, et pourront conduire à de nouvelles relations. Å nous de nous rendre disponible au changement, d’oser l’expression corporelle et émotionnelle !

Å chacun, d’être, avant tout, sa propre lumière ! Ce n’est pas à l’autre de respirer à notre place, de dérouler notre colonne vertébrale, d’assurer la bonne circulation de nos énergies, de ressentir pour nous…  L’autre, cependant,  peut être un révélateur, qui parfois, certes, nous est nécessaire pour nous orienter vers le bouton sur lequel il faut appuyer si nous désirons obtenir la lumière !

Plus nous nous libérons de nos certitudes, et plus nous permettons à une multitude de liens nouveaux de se créer / cela exige d’accepter de se vider, pour laisser place aux énergies nouvelles / se vider de tout ce qui est négatif, pour laisser entrer le positif / comme dans la respiration, l’essentiel étant d’expirer à fond le CO2, pour recevoir ensuite un apport maximum d’oxygène dans l’inspiration !

 Rien n’est jamais acquis,  mais nous avons un merveilleux travail, nous, thérapeutes et éducateurs de tous ordres, que celui d’être là pour amplifier les possibles, pour signifier la vie et la reconnaissance,  pour aider au « plus- être » du Sujet / il nous faut sans doute pour cela être convaincu que le cadre conceptuel n’est pas toute la logique du vivant !

 Voilà,  je terminerai cette petite réflexion sur la reconnaissance, en vous disant que l’œuvre la plus sublime qu’un être humain puisse accomplir, c’est sans doute de se transformer soi-même, d’être l’artisan de sa propre libération, de produire de la clarté ! C’est ma conviction, mais…  »  il ne faut jamais croire ce que les autres affirment, il faut simplement les écouter, et aller vérifier soi-même ! »     Alors, bonne découverte à chacune et à chacun !

Les commentaires sont clos.